Sac à main!

Pas franchement d’écriture cette semaine, mais un projet couture qui me trottait dans la tête depuis longtemps.

Il y a quelques semaines on a été à un festival, et entre les spectacles de rue, on déambule entre les échoppes d’artisans. Il y avait vraiment des belles créations en tous genres. Dont des sacs à main en patchwork de cuir absolument magnifiques.

Alors, je vous explique, les sacs à main, c’est une longue histoire d’amour pour moi. Autant à 17 ans je détestais ça, et je me jurais que jamais on ne me verrait avec cet accessoire de mémère, autant arrivée à la trentaine, je me suis mise à les collectionner.

J’en ai eu jusqu’à… une petite dizaine, peut-être? Bon, après j’ai eu mauvaise conscience face à cette débauche consumériste. Surtout qu’en fait, les sacs du commerce sont, soit abordables et très communs, soit originaux et hors de prix. Et que je suis sensible à tout ce qui est récup et upcycling, parce que c’est à la fois bon pour la planète, mon porte-monnaie, et que ça fait travailler l’imagination.

L’an dernier, j’ai déjà rafistolé un peu un vieux sac à main qui ne payait plus de mine, avec un bout de housse de couette et des rubans. Le voici:

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vieux sac à main rafistolé

L’ennui c’est que même après intervention, il garde des marques d’usure pas très glamour. Alors je suis suffisamment anti-perfectionniste pour l’utiliser quand même, mais de temps en temps j’ai un petit sursaut de honte en le regardant de près.

Donc, cet étal de maroquinerie a réveillé ma flamme de couturière en herbe! Je ne voulais pas de sac en cuir, parce que c’est souvent lourd comme matériau, et vu le prix du cuir, il vaut mieux aussi être sûr de soi. Donc, du tissu pour moi!

Pour info, mon expérience de la couture se limite à quelques dizaines de mètres d’ourlets de rideaux avec ma super machine à coudre pour débutant (le chemin pour enfiler le fil est dessiné dessus en pointillés, c’est génial!), et des déguisements fabriqués à l’arrache pour des concours déguisés à cheval. Bref, je suis loin de la couturière émérite, je n’ai jamais appris autrement que sur le tas, et je ne suis certainement pas les règles de l’art.

Mais si on se limitait à ce que l’on maîtrise déjà bien, la vie serait bien terne, non?!

Concrètement, j’ai quand même prévu un croquis avec les dimensions que je voulais, en mesurant sur un sac tout fait.

Comme je voulais utiliser exclusivement du recyclage, j’ai fouillé dans les chiffons et les chutes qui dorment dans un placard (oui, on garde plein de choses qui peuvent servir, c’est pratique d’avoir une grande maison 😉 ), à la recherche de tissu à la fois solide et bariolé: résultat, des restes de tissu d’ameublement, des morceaux de pantalons, de la toile de jute que j’avais achetée pour réparer un fauteuil… et un morceau de chapeau de leprechaun!

J’ai monté mon sac avec des épingles, laissé reposer, modifié le patchwork qui ne me plaisait pas, laissé reposer à nouveau.

J’ai tourné autour de mon brouillon de sac pendant deux jours avec un gros nœud dans le ventre: « par où je commence? » « et si je me trompe? » « et si ça foire complètement? » « je vais pas être capable de faire ça… »

Et puis je me suis mis un bon coup de pied aux fesses. Si je ne me lançais pas, je ne risquais pas de me tromper, mais par contre, je n’aurais jamais autre chose qu’un brouillon de sac monté avec des épingles. Il fallait bien commencer par quelque part, tant pis si ce n’était pas le bon départ.

Bon, oui, forcément, je me suis trompée. J’ai commencé à coudre certaines parties trop vite, ce qui m’a valu de me farcir à la main une bonne partie des coutures, parce que je ne pouvais plus y accéder avec la machine… Mais finalement, à part me faire perdre un peu de temps, c’était pas si grave que ça.

Bon, et dans l’euphorie de la fin, j’ai aussi cousu (à la machine cette fois) la dernière poche du rabat à l’envers… J’allais découdre pour recommencer, un poil dépitée, quand mon mari m’a suggéré de simplement retourner la poche: du coup les coutures sont cachées, c’est encore mieux que ce que j’avais prévu! Comme quoi, il faut se laisser la possibilité de faire des erreurs, puisque ce sont parfois ces erreurs qui nous donnent la meilleure solution.

Pour les finitions, de la sangle de chaise haute, un anneau de porte clé, une bandoulière récupérée sur un autre sac, des boutons, et un câble USB (j’avoue, j’ai repris l’idée du câble sur le fameux étal dont je vous parlais, mais lui ne l’avais mis qu’en déco, pas en système de fermeture). Et voilà le sac fini:

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Il est chouette, non? 😉

Enfin, après une semaine de conception, plus une semaine de réalisation (j’ai pas fait que ça, je vous rassure!), voilà mon produit fini, juste à temps pour partir en vacances avec! Je ne suis pas peu fière, parce que franchement je n’étais vraiment pas sûre de moi au départ. Mais comme pour tout, si on n’essaie pas, on ne saura jamais. Et non, mon sac n’est pas parfait, mais il est unique, et il est ma création. C’est un sentiment jouissif, je vous jure 🙂

La morale de cette histoire: lancez-vous! Repoussez vos limites! Tentez un truc dans lequel vous n’avez pas ou presque d’expérience!